Louise GAILLAC
Architecte
1928 - 1996
EPITAPHE
Quel magnifique destin, quelle belle famille !
Louise Gaillac est la fille de Simone et Jean Gaillac. La famille habite le petit village de Balazuc en Ardèche. Jean, le père, est un garagiste efficace et serviable bien connu dans la région. Simone, quant à elle, élève ses six enfants et propose des services de couture dans le village. Louise a 16 ans en cet été 1944, quand les américains débarquent sur les plages normandes pour libérer la France et l'Europe. Son frère ainé, François fait son grand retour après avoir passés plusieurs années dans le maquis.
Malgré les difficultés de la guerre, Louise est une fille pleine de vie. Sa grande passion demeure le dessin, qu’elle pratique dès qu’elle a du temps libre dans la campagne ardéchoise. Elle croque la beauté de la nature lors de ses nombreuses balades en forêt. Elle aura plus tard l’occasion de bénéficier des cours de M. Blaise, artiste reconnu en Ardèche. Devant le talent naturel de Louise, il lui proposera des cours gratuits afin qu’elle améliore sa technique. Mais elle sait que le dessin ne lui permettra pas de vivre décemment. Elle décide alors à 21 ans de quitter le domicile familial pour vivre en ville à Toulon. Elle a toujours rêvé de voir la mer, son vœu est enfin exaucé.
Louise trouve un premier emploi dans un pressing de la ville. Elle a en charge de repasser les costumes et chemises des visiteurs fortunés des hôtels de la région. Bizarrement, elle est passionnée par ce métier fatiguant en été, écrasée par la chaleur suffocante.
En 1952, elle fait la connaissant de Maximilien, 26 ans, coursier-voltigeur des rues toulonnaises. Lors de la récupération d’une commande d’un hôtel, Maximilien propose à Louise un rendez-vous galant en lui glissant deux places de cinéma dans sa blouse. Au programme la découverte de la comédie musicale du moment « Chantons sous la pluie ».
De cette jeunesse de labeur et d’insouciance naîtrons Michel en 1958 puis Philippe, trois ans plus tard. La famille coule des jours heureux, mais Louise commence à s’ennuyer dans son pressing. Elle décide de se remettre à dessiner et suit des cours du soir aux Beaux-Arts de Marseille. Elle reprend ses études et décroche son concours d’architecte. Elle va participer à la reconstruction d’après-guerre, un métier plein de sens pour elle. Ses deux garçons devenus grands quittent le nid familial.
Elle n’oublie pas ses parents. Ils vieillissent ensemble dans la maison familiale ardéchoise. Jean est le premier à s’éteindre en 1985, suivie deux années plus tard par son épouse. Ils reposent ensemble dans le cimetière de la commune.
Le temps de la retraite a sonné pour Louise et Maximilien. Elle, continue son activité d’architecte en tant que bénévole. Son métier est une passion dévorante qui déteindra sur son fils Michel, lui aussi architecte diplômé. Lui, prend une retraite méritée et profite de son nouveau temps libre en s’adonnant aux joies de la pêche. Louise et Maximilien profitent également de leurs cinq petits-enfants. Louise est une grand-mère aimante et attentionnée. Souvent, elle pense en son for intérieur : « Quel magnifique destin, quelle belle famille ! ».
En 2006, Louise s’éteint paisiblement dans son lit, un an après le décès de Maximilien. Elle laisse le souvenir d’une femme épanouie et aimante, une mère disponible et une grand-mère exemplaire.
Femme libre avant l’heure, c’est debout qu’elle a parcouru sa vie pleine de valeurs qu’elle laisse en héritage aux générations futures. Sa voix résonne encore sur quelques pellicules et sa mémoire traversera le temps à travers cette histoire, l’histoire d’une vie !